HORMONES PANCREATIQUES


 

A. RAPPEL HISTOLOGIQUE

Le pancréas comporte une double fonction, endo- et exocrine. Seule la fonction endocrine est abordée ici. Les unités fonctionnelles endocrine sont constituées par les îlots de Langerhans; ces îlots sont formés par 4 types de cellule, chacun spécialisé dans la production d'une hormone:

-la cellule b: l'insuline

-la cellule a: le glucagon

-la cellule D: la somatostatine (SRIF ou GHIH)

-la cellule F ou PP: le polypeptide pancréatique

Il existe probablement des interactions paracrines fontionnelles entre ces différents types cellulaires.

 

B. ROLE DU PANCREAS ENDOCRINE

La fonction essentielle du pancréas endocrine est d'assurer l'homéostasie du glucose et en particulier le contrôle de la glycémie. La concentration plasmatique du glucose est la résultante de différents paramètres: l'absorption intestinale du glucose, son utilisation par les différentes cellules de l'organisme, la production hépatique, et éventuellement l'excrétion urinaire (nulle en situation physiologique, c'est à dire en normoglycémie). Le maintien d'une glycémie constante malgré les variations de ces paramètres est du au contrôle hormonal de la production hépatique de glucose d'une part, et de son utilisation d'autre part. Parmi les hormones intervenant dans ce contrôle, deux hormone pancréatiques, l'insuline et le glucagon, jouent un rôle majeur. ( cortisol, GH, et SNA interviennent aussi)

La pancréatectomie totale est incompatible avec la vie.

 

I. L'INSULINE

A. Nature

L'insuline est un peptide de 51 acides aminés (aa); elle est constituée de 2 chaînes: une chaîne A (21aa) et une chaîne B (30 aa) liées par des ponts disulfures, indispensables à son activité biologique.

Elle peut exister sous différentes formes:

-monomère (biologiquement actif)

-dimère

-hexamère (3 dimères + 2 atomes Zinc) à activité prolongée

Il existe une spécificité d'espèce en ce qui concerne la séquence, mais elle n'est pas indispensable à l'activité biologique: l'insuline de porc peut être utilisée chez l'homme. Pour éviter l'apparition d'anticorps, on peut, soit modifier chimiquement l'insuline de porc, soit utiliser de l'insuline humaine produite par génie génétique.

 

B. Biosynthèse

 

C. Transport & Métabolisme

 

D. Actions physiologiques

L'insuline possède 2 types de fonctions: métabolique et croissance

1.Métabolisme

L'insuline contrôle de nombreuses voies du métabolisme des hydrates de carbone , des lipides, des protéines au niveau de différents tissus en particulier le foie , le muscle, le tissu adipeux.

- l'action de l'hormone est globalement hypoglycémiante

- transport du glucose: le glucose pénètre dans les cellules par l'intermédiaire de transporteurs. Dans le cerveau , le foie , les GR, les GB, consommateurs permanents et rapides de glucose, ces transporteurs ne sont pas contrôlés par l'insuline. Mais les autres tissus, en particulier le muscle et le tissu adipeux possèdent un autre type de transporteur, contrôlé par l'insuline dont ils sont donc dépendants pour capter et utiliser le glucose. L'élévation de la concentration plasmatique de glucose et le mauvais métabolisme cellulaire observés au cours de la carence en insuline ( diabète insulino dépendant) sont la conséquence de l'impossibilité pour le glucose d'entrer dans la cellule. L'insuline est la seule hormone qui permette l'entrée de glucose dans les tissus périphériques.

L'effet net est une augmentation du stock de glycogène (foie) et une diminution de la production de glucose (muscle, tissu adipeux, foie)

- l'insuline diminue l'activité de la lipase dans le tissu adipeux

- elle augmente la synthèse des TG en favorisant l'entrée du gl dans le tissu adipeux et donc la formation de pyruvate et glycéro nécessaire à la synthèse des AGL et à leur estérification.

- en l'absence d'insuline, les AGL libérés sont convertis en cétoniques par le foie, entraînant la cétose observée au cours du diabète insulino-dépendant.

- l'insuline stimule l'entrée active des aa dans le muscle (mais pas dan le foie)

- elle stimule la synthèse et inhibe la dégradation des protéines dans le muscle

2.Croissance

L'insuline stimule la croissance cellulaire.

 

E. Mécanisme d'action

1. Récepteur

Les récepteurs de l'insuline sont présents sur toutes les cellules de l'organisme, cependant leur nombre est variable selon le tissu. Il n'existe qu'un seul type de récepteur, membranaire. Le gène du récepteur est d'ailleurs unique et le promoteur appartient à une famille constitutive; il s'agit donc d'un gène obligatoire.

La structure du récepteur appartient à celle de la famille des récepteurs à activité tyrosine kinase, caractéristique des facteurs de croissance (IGF1, EGF, PDGF); il présente en particulier une grande analogie de structure avec le récepteur d'IGFI : IGFI peut s'y fixer même si l'affinité est moins bonne.

2. Effets cellulaires

Les effets cellulaires de l'insuline sont de type et de cinétique différentes:

- membranaire: entrée du glucose (translocation membranaire de transporteurs), trapping de l'insuline après aggrégation des récepteurs (au cours de l'aggrégation il peut y avoir activation et donc amplification)

-cellulaire: rapides (activation enzymatiques) ou lents (synthèse nucléaire de transporteurs) ou à plus long terme encore (croissance)

 

F. Régulation

1.Contrôle de la sécrétion

La concentration plasmatique de glucose est le stimulus majeur de l'insulinosécrétion. La réponse de la cellule 8 dépend, du type de stimulation : aigu ou permanent; elle est plus importante quand l'élévation de la glycémie est secondaire à une administration orale de glucose que lorsque l'administration a été réalisée par voie intraveineuse. La transduction du signal glucose semble se faire par l'intermédiaire du métabomisme glycolytique et de l'accumulation d'ATP. Ce dernier composé entraîne la fermeture de canaux K+ dépendants de l'ATP, et ainsi une dépolarisation membranaire qui provoque l'ouverture des canaux Ca2+dépendants du voltage. C'est l'augmentation du calcium intracellulaire qui, par l'intermédiaire de la PKC et des protéines kinases dépendantes de la calmoduline, provoquerait la stimulation de la sécrétion d'insuline. - le glucagon, secrété par les cellules A du pancréas stimule la sécrétion d'insuline; il se lie à un récepteur membranaire, active l'adenylate cyclase et la PKA qui à son tour active des protéines impliquées dans la sécrétion

-Les catécholamines peuvent influencer la sécrétion: la stimulation b l'augmente mais la stimulation (a prédominante, l'inhibe. Les agonistes b interviendraient par l'intermédiaire d'une protéine G couplée à l'adénylate cyclase; l'activation par l'AMPc activerait alors la PKA qui à son tour activerait des protéines impliquées dans la sécrétion. Le mécanisme d'action des agonistes a n'est pas établi.

-la somatostatine , produite par les cellules D, inhibe la sécrétion d'insuline, probablement via une diminution de l'AMPc.

-les îlots sont richement innervés et de nombreux neurotransmetteurs (acétylcholine, VIP, galanine) agissent également à ce niveau la sécrétion: tous la stimulent, excepté les

- enfin, les hormones gastrointestinales: GIP, CCK, les acides aminés stimulent aussi la sécrétion.

2.Contrôle de la biosynthèse

Le glucose est le régulateur majeur de la biosynthèse de l'insuline: il stimule la traduction des ARNM de la pré-proinsuline, stimule la transcription du gène et stabilise les ARNM; dans ce cas aussi ce sont des métabolites du glucose qui sont les deuxièmes messagers de son action.

3. Au niveau des tissus cibles

Un contrôle s'exerce aussi au niveau de la réponse du tissu cible:

1) réduction de l'activité du récepteur

- Après fixation sur son récepteur ; l'insuline active une sérine kinase cellulaire qui va phosphoryler le récepteur sur des radicaux sériques (différents des radicaux tyr): le récepteur perd alors l'activité kinase

- les autres hormones, en particulier le glucagon et les catécholamines de type b activent par l'adenylate cyclase une protéine kinase qui phosphoryle spécifiquement des radicaux sérines et par ce biais vont également inhiber l'activité du récepteur

-les catécholamines de type a stimulent la voie inositol phosphate, stimulent la PKC, entrainant la phosphorylation de radicaux thréonines, diminuent également l'activité du récepteur

-certains enzymes pourraient, à l'inverse déphosphoryler le récepteur

2) diminution du nombre de récepteur

Le turn-over des récepteurs est de l'ordre de 10 000/h. Après fixation de l'hormone il y a aggrégation des récepteurs dans des puits d'internalisation . L'insuline se défixe car le milieu intravésiculaire est acide, et le récepteur est recyclé. Mais si l'insulinémie augment manière prolongée la majorité du pool est dégradée dans les lysosomes et leur nombre diminue: il y a désensibilisation.

 

II. LE GLUCAGON

Hormone hyperglycémiante, stimule la lipolyse et la conversion des acides gras libres en cétones dans le foie et enfin, inhibe la synthèse et favorise la dégradation des protéines dans le foie.

 

III. LA SOMATOSTATINE

Diminue l'absorption et la digestion des aliments (inhibition de la sécrétion d'un grand nombre de substances de la fonction gastro-intestinale - VIP, gastrine, motiline...)

 

IV. LE POLYPEPTIDE PANCREATIQUE

Inhibe les sécrétions enzymatiques du pancréas et la contraction vésiculaire

 

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