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Le maire Ernest Simard
sautera d'un aéroplane
MAGOG, 10. (DNC) - Le maire Ernest Simard, qui a déjà marché sous l'eau, dans un scaphandre, fera le 19 août une expérience nouvelle et touchera l'eau de plus haut. Il a annoncé en effet qu'à cette date, il sautera d'un avion au-dessus du lac Memphrémagog, en parachute. Le maire répétera l'exploit d'une petite serveuse de 18 ans, il y a quelques semaines.
Le maire a accepté l'invitation du pilote Arthur Côté de faire le saut hasardeux et il a écrit à cet effet au pilote en question pour lui dire qu'il fera le saut le 19 août prochain.
Le maire Simard qui pèse 200 livres sautera dans le lac à une faible distance de l'Auberge de la Lanterne à Georgeville.
Il y a quelque temps, le maire Simard a fait connaissance avec le domaine des sirènes, quand il a voulu examiner personnellement le bris d'un tuyau d'égout. Son aventure au fond de l'eau ne l'a pas affecté pour la peine sauf que lorsque l'on eut dévissé le couvercle du scaphandre pour lui dégager la tête, il était temps. Le maire criait aux ouvriers de faire vite, car il en avait assez.
L'exploit du 19 août aura lieu à l'occasion d'une journée de l'aviation organisée à Magog. Il apparaît bien que d'autres personnes feront le saut en parachute à l'occasion de cette journée. Des avions du club d'aviation St-François, participeront à cette journée, de même que des avions de Grand-Mère et du CARC. Trois sauts en parachute seront effectués d'un avion piloté par M. Jacques Coderre, secrétaire trésorier du Club St-François. Cette journée de l'aviation à Magog servira de préliminaire au festival des fanfares qui aura lieu la semaine suivante à Magog, lequel festival sera le premier numéro des fêtes du centenaire de la ville de Magog qui se poursuivra l'an prochain ou plus tard.
La Tribune de Sherbrooke,
10 août 1951
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Le maire Simard nous écrit
qu'il fera le saut
MAGOG, 18, (DNC) - La Tribune a été le premier journal à annoncer le 10 août dernier, que le maire Ernest Simard devait sauter en parachute au-dessus du lac Memphrémagog, dimanche le 19 août (demain). Un hebdomadaire de la localité, La Chronique de Magog, ayant laissé entendre que ce n'est pas M. Simard, mais un remplaçant qui sauterait, le maire a adressé hier à La Tribune la lettre dont nous publions le texte ci-après.
Magog, le 17 août 1951
La Tribune,
Sherbrooke, Qué.
Messieurs,
"En marge d'un article paru en première page, dans La Chronique de Magog, jeudi le 16 août dernier, Monsieur Hains, Editeur Propriétaire de ce journal prétend savoir ou plutôt avoir su d'un informateur qui naturellement, n'a pas le courage de se nommer, qu'un autre que son Honneur le Maire , doit faire le saut en parachute d'un avion, au Lac Memphrémagog.
"Je désire déclarer au public magogois ainsi qu'à la population en général, que c'est bien moi, qui doit faire ce saut, dimanche le 19 août, en face de l'Auberge La Lanterne, chemin Georgeville. Je ferai ce saut d'un hydravion; le public pourra me voir embarquer dans ledit avion.
"L'avion survolera, toujours à la vue du public, à une hauteur de 1 500 à 2 000 pieds d'où je ferai le dit saut., et le public pourra constater qu'il n'y a eu aucun truc de doublage.
"J'offre même, si la chose peut intéresser les journalistes, de former un comité, et de déléguer un des leurs, à qui nous pourrons prouver d'une façon irréfutable, le fait que ce saut sera bien fait par moi-même.
Bien vôtre,
Ernest SIMARD,
Maire.
Par ailleurs, la PRESSE CANADIENNE fait parvenir la nouvelle suivante datée de Magog:
MAGOG, 18, (PC) - Le maire Ernest Simard a annoncé aujourd'hui qu'il sautera dans le lac dimanche.
Il projette de se jeter en bas d'un hydravion dans le lac Memphrémagog, un projet qu'il appelle "une introduction aux célébrations du centenaire de Magog". La semaine des fêtes du centenaire doit s'ouvrir le 26 août, dans cette municipalité de 15 000 âmes.
Le maire de 43 ans a donné instructions d'avertir les journaux de son saut projeté. Il a déclaré premièrement, qu'il ne sait pas nager; deuxièmement, qu'il n'a jamais sauté; troisièmement, qu'il n'a pas peur.
"Pourquoi aurais-je peur ? a déclaré le maire rondelet, père de six enfants; après tout, j'aurai une ceinture de sauvetage".
Il a déclaré qu'il se propose d'effectuer un saut de 1 500 à 2 000 pieds et que l'événement est inscrit au programme des préliminaires des fêtes du centenaire. La journée est appelée "la journée de l'aviation". Le maire espère qu'il sera escorté de vingt avions du CARC et d'avions privés.
Le maire Ernest Simard a déclaré que l'idée d'effectuer ce saut lui était venue de Marguerite Lapierre, une petite serveuse dans un restaurant de Georgeville, 18 ans, qui a effectué le saut la semaine dernière. "Si elle peut le faire, je puis en faire autant et je ne vois pas pourquoi j'aurais peur".
Le maire, ancien plombier, est en quelque sorte familier avec le lac Memphrémagog. Déjà, il a loué un scaphandre et est descendu au fond du lac pour faire une inspection du système d'égout. Il vint bien près de laisser sa vie dans cette aventure. Tout d,abord, le préposé au fonctionnement de la pompe lui donna trop d'air. En deuxième lieu, il ne lui donna pas assez d'air et le maire faillit étouffer.
"J'ai fait cette inspection, a déclaré le maire, pour épargner de l'argent à la ville". Récemment, il a fait personnellement un recensement de la ville., encore pour épargner de l'argent à la municipalité. Enfin, il dit que l'événement de dimanche servira à annoncer les fêtes du centenaire.
L'idée de célébrer le centenaire de Magog cette année vient du maire Ernest Simard. Des citoyens pensent que c'est une bonne affaire. D'autres pensent autrement et ont déclaré qu'on ne devrait pas dépenser d'argent pour cela, Dans le dernier groupe, d'aucuns pensent que l'histoire locale révèle que des colons étaient établis à Magog en 1800, de sorte que le centenaire arriverait 100 ans trop tard.
Au surplus, le maire Simard a été impliqué dans une controverse lorsque dans un discours, il déclara que magog était "la perle des Cantons de l'Est" et Granby, la "princesse".
"Nous sommes entre deux, de sorte que nous sommes la perle" prétendit le maire Simard.
Le conseil municipal de Coaticook a protesté en disant que Coaticook s'appelait "la perle des Cantons de l'Est" depuis 25 ans. Le conseil de Coaticook prétendit que le maire Simard lui volait le "titre" pour le donner à Magog.
Le maire répondit que dans un collier, il y a plus qu'une perle et il a conclu que "Magog demeurait la perle"
La Tribune de Sherbrooke,
18 août 1951, page 3
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Le maire de Magog réussit son
Premier saut en parachute
MAGOG, 20,- (DNC) - Le maire Ernest Simard, ancien chauffeur de taxi et plombier de son métier, a parachuté dans le lac Memphrémagog, hier après-midi, devant quelque dix mille personnes.
Interrogé par les journalistes après son aventure, le maire a déclaré qu'il n'avait ressenti aucune sensation désagréable pendant toute la durée de sa descente, mais qu'il avait eu un peu peur avant de toucher l'eau. "Un îlot s'en venait vers moi, pas moi vers l'îlot; là j'ai eu peur. J'ai pensé un moment que j'étais fini et que j'allais m'écraser dans les arbres ou sur les pierres. Heureusement, j'ai tombé à plus de vingt-cinq pieds de l'île."
Le maire a en outre déclaré que la descente par elle-même n'avait rien d'apeurant, et que le seul plaisir qu'il avait eu fut quand il toucha l'eau.
Avant de faire le saut, la maire Simard parla à la foule, successivement en anglais et en français. Il lui demanda d'acheter au coût de vingt-cinq cents une carte-souvenir, laquelle portait sa photo et une inscription disant qu'il était le premier maire des "deux Amériques" à faire un saut en parachute. "Achetez-en pour m'aider", a-t-il déclaré.
Le maire Simard a alors profité de l'occasion pour réaffirmer qu'il n'allait pas être doublé, et que nul autre que lui-même allait sauter.
Le maire de 208 livres était allé à la messe et avait communié dans la matinée, à l'église St-Jean-Bosco. Il avait en outre reçu des bénédictions spéciales de M. l'abbé Roch Poitras et de M. l'abbé Origène Vel, curé de la paroisse Ste Marguerite-Marie. Pendues à son cou, selon sa propre déclaration, il avait des médailles de St-Christophe, de Ste Marguerite, de l'Assomption de la Vierge et un scapulaire.
Le maire monta dans un avion léger, un Piper Cub, piloté par Arthur Côté, propriétaire de l'Auberge La Lanterne et sauta d'une hauteur de 2 500 pieds. "Je n'ai pas sauté tête première" a dit le maire, "j'ai reculé dans le vide".
Le maire Simard, qui ne sait pas nager, était muni d'un "Mae West" (ceinture de sauvetage). Son parachute s'ouvrait automatiquement, et le saut dura un peu moins de trois minutes.
Un pilote de Sherbrooke, M. Jacques Codère, membre de l'aéroclub St-François, a fait un saut en parachute avant celui du maire Simard., et bon nombre de personnes ont pensé qu'il s'agissait du maire.
Des membres de la société ambulancière St-Jean se trouvaient sur les lieux, de même qu'une ambulance. Les infirmières ont traité quelques personnes qui s'évanouirent ainsi qu'un garçonnet qui s'infligea une fracture de la clavicule en chutant.
Devant une centaine de personnes réunies sur le parterre de l'Auberge La Lanterne, le maire a dit qu'il était prêt à recommencer son expérience, et a demandé aux cameramen de projeter la première de leur film dans un cinéma de Magog.
Un seul photographe a pu monter dans un avion pour photographier le saut du maire. Il s'en trouvait deux, près de l'avion, au moment du décollage, un photographe de Toronto et un photographe de Magog, représentant La Tribune, M. Jean-Paul Légaré. C'est le maire Simard qui décida lequel prendre. Son choix s'arrêta sur celui de Toronto.
Avant le saut, toute la famille Simard, posa pour les photographes, et le maire distribua des enveloppes contenant une série de cinq photographies de lui-même en costume de scaphandrier, et un autre, encore de lui-même, autographiée.
La Tribune de Sherbrooke,
Lundi, 20 août 1951, page 3
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Ernest Simard,
Un maire coloré
| MAGOG, (BG) - " Le premier maire des deux Amériques à faire un saut en parachute " : la presse écrite et parlée avait grand éclat de cette aventure aussi intrépide qu'inhabituelle dans laquelle se lançait, en 1951, le premier magistrat de la cité de Magog. M. Ernest Simard, dans le seul et unique but, celui de faire connaître Magog dans le monde entier. Quoiqu'il fut totalement profane à toutes les techniques du parachutisme, une fois la monstrueuse propagande répandue à travers le pays et en dehors du continent, sa grande détermination le conduisait à accomplir et, qui plus est, à réussir l'exploit. | ![]() |
Une montréalaise anglophone avait même composé une chanson qui vantait les mérites de M. Simard et, en 1975, cette chanson était entendue sur les ondes d'un poste de la métropole. Bien sûr que cette excentricité n'avait pas manqué de soulever les commentaires du public qui, dans certains cas, n'endossait pas cette formule trop peu orthodoxe de publicité alors que, dans d'autres milieux, on admirait le cran de l'homme politique. " Parlez-en en mal, parlez-en en bien, mais parlez de moi " avait dit un jour le non moins illustre maire de Montréal, Camilien Houde.
Un cur débonnaire
Une personne qui, parce qu'aujourd'hui elle est retirée totalement de la scène politique, a voulu conserver son anonymat, a connu cet homme de petite taille qui, sous une carcasse solide cachait un cur d'or. " Lorsqu'il croyait en quelque chose, confiait cet informateur, il allait jusqu'au bout. Il était combatif et ne reculait devant rien".
Avant d'apparaître sur la scène municipale, le regretté Ernest Simard avait connu une très brève expérience en politique provinciale à l'automne de 1949. Lors de la mise en nomination du Parti libéral, il avait été défait par son opposant M. Louis Roberge, de Rock Island. Quelques mois plus tard, soit en février 1950, avec tambours et trompettes, il s'amenait contre le maire d'alors et d'aujourd'hui, M. Maurice Théroux, qu'il défaisait lors des élections municipales.
D'instruction modeste, M. Simard avait sans doute le désir et surtout toute la bonne volonté de remplir plus qu'adéquatement ses fonctions de maire, mais ses talents d'administrateur auraient laisser à désirer. Son sens inouï de la publicité l'avait conduit, dès les premiers mois de son règne, après le saut en parachute, à célébrer le centenaire de Magog. " Ce n'était pas du tout le centenaire de Magog, ajoutait en souriant celui qui à l 'époque avait appuyé cette initiative, car c'est en 1890 que Magog est devenu une ville. Il fallait une autre occasion pour promouvoir Magog et l'idée du centenaire en était une ". Cette célébration avait d'ailleurs remporté un éclatant succès et, à cause de cette célébration, les autorités municipales avaient obtenu la tenue, à Magog, du Festival annuel des fanfares amateurs qui avaient attiré des milliers de personnes venant de tous les coins de la province.
Un règne court mais actif
Quoique le règne du maire Simard n'ait " duré ce que durent les roses, l'espace d'un matin " qu'il ne fit qu'un terme, son passage aura sûrement été plus remarqué que celui de certains de ses prédécesseurs ou ses successeurs.
Qui ne se souvient pas des deux phoques qu'il avait ramené d'un voyage en Alaska et qui furent, pendant quelque temps, un point d'attraction dans la piscine du Parc des Braves. Peu importait le prix, il mettait à exécution tous les projets qu'il croyait avantageux pour la cité. En 1952, il était défait à la mairie par M. Ovila Bergeron et abandonnait discrètement la politique municipale laissant derrière lui d'heureux souvenirs parmi de moins heureuses situations, mais au moins avec la satisfaction d'avoir donné à ses concitoyens le meilleur de lui-même.
Ses malheurs n'avaient point abattu son orgueil et sa fierté et, jusqu'à sa mort, au début des années 60, sa jovialité, masquée d'une certaine bonhomie, a toujours été à la hauteur de sa personnalité attachante. Ernest Simard a été et est encore le seul maire des deux Amériques à avoir sauté en parachute.
Bertrand Gosselin,
La Tribune, Sherbrooke,
samedi 16 avril 1977
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