UN ACCIDENT D'AUTOBUS COÛTAIT LA VIE À GAÉTAN PARADIS

Il y a 25 ans, les Castors vivaient un véritable cauchemar

SHERBROOKE - "C'est certain que je m'en souviens. C'est somme si c'était hier." Et pourtant cela fait exactement 25 ans aujourd'hui que survenait le tragique accident d'autocar des Castors de Sherbrooke, survenu dans le parc des Laurentides à environ 50 kilomètres de Chicoutimi.

Cette sortie de route avait coûté la vie au jeune joueur de centre de 18 ans Gaétan Paradis, originaire de Drummondville.

Le Sherbrookois Daniel Chicoine était le coéquipier de trio de Paradis. C'est lui qui avait trouvé le corps de Paradis écrasé sous l'autocar.

"Il avait les jambes par-dessus les épaules, mais on croyait qu'il respirait encore. On a tenté de creuser avec nos mains pour l'enlever de là. On pensait qu'il avait peut-être les hanches cassées, mais pas qu'il était mort...", raconte Chicoine, qui a évolué trois saisons dans la LNH, à Cleveland et Minnesota, et qui oeuvre maintenant comme représentant pour la brasserie Labatt à Sherbrooke.

"Est-ce vrai? Ça fait déjà 25 ans? C'est quelque chose que je n'oublierai jamais", s'exclame Ghislain Delage, l'entraîneur des Castors en 1974-75.

" chaque fois que je vois aux nouvelles ou que je lis qu'il y un écrasement d'avion ou une quelconque tragédie de la route, ça me remémore ce 24 novembre 1974. Nous pouvons nous compter chanceux qu'il n'y ait eu qu'un seul mort dans cet accident. L'autobus a frappé un rocher qui se trouvait là et ça l'a arrêté. Si on ne frappe pas ce rocher, l'autobus fait probablement plusieurs tonneaux et qui sait ce qui serait vraiment arrivé", se demande Delage.

"Je me souviens que c'était arrivé vite. L'autobus a dérapé dans une grosse côte et on s'est mis à prendre de la vitesse. Puis, c'était comme si les arbres devant nous avançaient et non nous, décrit Chicoine. Le toit s'est déchiré et des joueurs ont été éjectés de l'autobus. C'est presque par miracle que certains s'en sont tirés. On ne sait pas trop non plus comment Nick Sanza s'est retrouvé dans la soute à bagages après avoir été éjecté."

La nuit qui a suivi l'accident a semblé interminable pour les membres des Castors, qui n'osaient pas fermer l'oeil de peur de revivre le cauchemar qu'ils avaient vécu quelques heures plus tôt.

Les Castors avaient loué une quinzaine de chambres dans un hôtel de Chicoutimi, mais seulement quatre ou cinq avaient été occupés tellement les joueurs tenaient à être ensemble.

L'entraîneur Ghislain Delage se souvient très bien de cette soirée. "Cette nuit-là, personne ne parvenait à dormir. J'étais considéré comme un entraîneur qui n'était pas nécessairement près de ses joueurs. Mais ce soir-là, les joueurs ont passé toute la nuit dans ma chambre. Ce n'était plus la relation entraîneur versus joueurs. On vivait un deuil tout le monde ensemble et on avait tous besoin d'en parler", dit Delage tout en précisant que d'aller identifier le corps de Gaétan Paradis à la morgue et de confirmer le décès à la famille de Paradis demeure son pire souvenir de ces événements.

Le Journal de Québec, Mardi 23 novembre 1999


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