|
Piètre fin de saison pour les Saguenéens
Rémi Bergeron pointe Gilles Côté
par Stéphane Bégin
--------------------------------------------------------------------------------
CHICOUTIMI (SB) - «Si des joueurs ont eu tendance à démontrer moins d'intérêt à gagner vers la fin de la saison, c'est à la suite des commentaires du directeur général, Gilles Côté, qui a dit qu'il ne serait pas catastrophique de ne pas faire les séries.» Vétéran gardien de but de 20 ans des Saguenéens de Chicoutimi, Rémi Bergeron n'a guère apprécié la saison 1999-2000 de la formation de la Ligue de hockey junior majeur du Québec.
«De façon inconsciente, les plus jeunes du groupe ont cru aux commentaires de Gilles Côté et n'ont pas tout donné. Ils n'avaient plus le goût de jouer. Nous n'avions pas besoin de tels commentaires.
«Quant à moi, je viens de vivre la pire année de ma carrière de joueur de hockey. J'aurais espérer une meilleure conclusion, mais ça ne s'est pas produit», indique Rémi Bergeron.
Exclu des séries pour une deuxième année consécutive dans l'uniforme bleu et blanc des Sags, Bergeron va passer au travers les instants difficiles des derniers mois.
Mais avant de quitter définitivement l'entourage des Sags, il a tout de même tenu à livrer le fond de sa pensée, en espérant que des choses vont se passer pour améliorer l'équipe de la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean.
Il va sans dire que Bergeron, un hockeyeur de Saint-Honoré, est particulièrement au fait des humeurs des amateurs face aux Saguenéens de Chicoutimi.
Il sait que les amateurs aiment bien leur équipe, mais il comprend aussi que leur sentiment d'appartenance en a pris un sérieux coup.
«Les amateurs se sont sentis trahis au cours des dernières années. La transaction de l'an dernier a fait mal à tout le monde. Et il n'y a pas eu grand chose pour améliorer la situation.
«Les partisans m'ont dit qu'ils n'avaient plus le sentiment d'appartenance du passé. Si j'avais été spectateur, j'aurais eu la même réaction. Je n'aurais pas toujours eu le goût d'y aller», reconnaît l'ancien numéro 39 des Sags.
Surtout que ce dernier se souvient très bien d'avoir vu les Félix Potvin et Eric Fichaud connaître du succès à Chicoutimi. Lui-même a vécu le bonheur de participer à la coupe Memorial, alors qu'il était le second de Marc Denis à 18 ans.
«J'ai assisté à des rencontres alors que les gradins étaient remplis à pleine capacité. J'ai aussi disputé des matches alors que c'était plein. Ce n'est donc pas vraiment agréable de terminer une carrière de cette manière.
«Il n'y avait rien d'encourageant à disputer des matches devant 600 ou 700 personnes, alors quel'on revenais d'une rencontre à Moncton où il y avait 7000 amateurs. Pas la même ambiance», note-t-il.
Rémi Bergeron croit lui aussi, comme plusieurs amateurs, que le salut des Saguenéens de Chicoutimi passe par le départ du président Marc Tremblay.
Il reconnaît que ce dernier a réalisé de bonnes choses pour l'équipe de hockey, mais que la situation n'est plus la même depuis deux ans.
«Je n'ai rien contre lui personnellement, mais ses connaissances dans le domaine du hockey sont très minimes. Nos problèmes, c'est de là qu'ils partent.
«L'équipe est sur la pente descendante depuis deux ans et il faut trouver une solution pour la relancer. Il y a du gros travail à faire pour améliorer l'équipe», de conclure Rémi Bergeron.
Le Quotidien, 21 Mars 2000