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| Qui peut croire qu'il n'y a pas une âme derriere ces yeux lumineux - Théophile Gautier
Une seule chose est ésthétiquement parfaite dans ce monde, le chat. - E.A Chartier | ![]() |
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Le chat
Viens, mon beau chat, sur mon coeur amoureux; Retiens les griffes de ta patte, Et laisse-moi plonger dans tes beaux yeux, Mêlés de métal et d'agate. Lorsque mes doigts caressent à loisir Ta tête et ton dos élastique, Et que ma main s'enivre du plaisir De palper ton corps électrique, Je vois ma femme en esprit. Son regard, Comme le tien, aimable bête, Profond et froid, coupe et fend comme un dard, Et, des pieds jusques à la tête, Un air subtil, un dangereux parfum, Nagent autour de son corps brun. |
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Dans ma cervelle se proméne, Ainsi qu'en son appartement, Un beau chat fort doux et charmant. Quand il miaule on l'entend à peine, Tant son timbre est tendre et discret Mais que sa voix s'apaise ou gronde, Elle est toujours riche et profonde. C'est là son charme et son secret. Cette voix, qui perle et qui filtre, dans mon fonds le plus ténébreux, Me remplit comme un vers nombreux Et me réjouit comme un filtre. Elle endort les plus cruels maux Et contiens toutes les extases, Pour dire les plus longues phrases, Elle n'a pas besoin de mots. Non, il n'est pas d'archer qui morde Sur mon coeur, parfait instrument, Et fasse plus royalement Chanter sa plus vibrante corde Que ta voix, chat mysterieux, Chat séraphique, chat étrange, En qui tout est, comme en un ange, Aussi subtil qu'harmonieux ! II De sa fourrure blonde et brune Sort un pafum si doux, qu'un soir J'en fus embaumé, pour l'avoir Caressé une fois, rien qu'une. C'est l'esprit familier du lieu; Il juge, il préside, il inspire Toutes choses dans son empire Peut-être est-il fée, est-il dieu ? Quand mes yeux, vers ce chat que j'aime Tirés comme par un aimant, Se retournent docilement Et que je regarde en moi-même, Je vois avec étonnement Le feu de ses prunelles pâles, Clairs fanaux, vivantes opales, Qui me contemplent fixement. |