Entretien avec
Betty Goes Green

C'est au Klomp, la maison de la jeunesse d'Overijse (Belgique), que nous avons eu le plaisir d'assister au concert de Betty Goes Green. Sous les feux de la presse depuis la sortie de leur dernier album, "The Well", le groupe belge d'origine néerlandophone raconte son parcours mouvementé. Luc, le leader et Nathalie, sa charmante épouse qui ne quitte jamais son clavier ont répondu bien cordialement à nos questions

Comment Betty Goes Green s'est-il formé ?

Luc : Je venais de quitter un groupe mais je voulais déjà en former un autre. Je connaissais bien Jo, le batteur, depuis ma tendre jeunesse. Nous avons usé nos crampons sur le même terrain de foot d'Auderghem. Je voulais qu'il fasse absolument partie de ce nouveau groupe. Il a accepté. Nous avons rencontré les autres membres un peu par hasard via des relations.


Betty Goes Green, drôle de nom pour un groupe, comment l'avez-vous choisi ?

Luc : À nos débuts, nous avons tourné sous différents noms. Puis, un jour, un organisateur de tournée a voulu faire une affiche où notre nom devait être la tête d'affiche. On a donc dû se creuser la cervelle pour en choisir un. Il devait être 5 heures du matin, nous étions dans un café. Là, un des membres a lâché "Betty Goes Green". On trouvait que ça sonnait bien et on l'a donc gardé. On ne voulait pas que le nom du groupe commence par "The" comme The Beatles, The Doors ou d'autres. Je crois que nous y sommes arrivés.


Quand on forme un nouveau groupe, comment se passent les premières rencontres?

Luc : Lors des premières répétitions, c'était un peu spécial car on ne se connaissait pas vraiment. Ce fut un peu une période d'observation mais en même temps musicalement parlant une certaine magie s'opérait. On avait un son. On a donc avec le temps appris à se connaître. Maintenant, lorsqu'on joue, on ne doit plus se parler, un regard suffit.


Au niveau de la création, comment se déroule la composition d'un titre ?

Luc : Pour le dernier album, on s'est retrouvé dans un studio de Londres. On allait en salle d'enregistrement, je commençais à la guitare, on me suivait à la batterie. On partait donc d'une mélodie et tous les mécanismes se mettaient naturellement en place. Lorsqu'on avait la musique, j'écrivais le texte. Le fait, de bien se connaître, nous permet de travailler à la création des titres de manière très spontanée. On ne doit pas faire 20 prises afin d'avoir un son.


Si vous deviez définir votre musique, comment le feriez-vous ?

Luc : On se refuse à définir notre musique. Notre style évolue constamment. Si vous prenez nos premiers albums et le dernier vous verrez que le style n'est plus le même. Notre musique évolue, tout comme nous.


C'est vrai qu'au début vous sembliez être plus un groupe de scène tandis que maintenant vous semblez également être un groupe de studio (d'enregistrement)

Luc : Vous avez tout à fait raison. À nos débuts, on s'est très rapidement retrouvé sur une scène et c'est là qu'on se sentait le mieux pour jouer ensemble. Avec le temps, on a appris à mieux se connaître et le dernier album le montre bien, on est parvenu à éprouver beaucoup de plaisir à jouer ensemble en studio. On est arrivé à mettre sur CD, la fraîcheur, la spontanéité qui caractérisent nos concerts.


J'ai entendu dire que vous avez eu certains différents avec votre ancienne maison de disque, BMG. Qu'en est-il ?

Luc : Effectivement, nous avons cessé toute collaboration avec BMG. Mais je tiens à dire que nous nous sommes quittés en bon terme. Il se trouve que BMG voulait nous voir faire un certain style de musique qui ne nous correspondait pas. On se retrouvait en studio d'enregistrement à faire des titres en nous demandant uniquement s'ils allaient plaire aux responsables de BMG. C'est à ce moment-là que nous avons préféré partir. On avait l'impression de ne plus être créatif.


Vous venez de signer, pour votre dernier album, avec Sony. Racontez-nous cette association.

Luc : Après les "ennuis" avec BMG, nous sommes allés montrer une démo chez Sony. Nous aimons vraiment bien travailler avec eux. Ils nous font confiance, tout comme nous leur faisons également. On s'occupe de la musique, il s'occupe du reste. Tenez c'est Sony qui décide quel titre est susceptible d'être commercialisé sous single. Cela ne nous dérange absolument pas.


Pourtant, qui mieux que vous, peut déterminer qu'un titre est meilleur qu'un autre?

Luc : Non, vous voyez un album, c'est comme plusieurs enfants. On aime tous les titres qui forment l'album. Ceux que l'on n'aime pas, c'est simple, il ne se retrouve pas sur l'album. Donc, on préfère donner carte blanche à Sony. Ils sont tout à fait capables de nous faire des succès.


Cela fait 8 ans que Betty Goes Green existe. Quel est votre plus beau souvenir ?

Luc : Il y en a plusieurs dans le désordre : notre rencontre et notre collaboration avec ce mythe qu'est Lou Reed. Grâce à lui nous avons été présentés au président Vaclav Havel, un moment inoubliable. Faire l'avant-première de Jean-Louis Aubert, ancien chanteur du groupe Téléphone, a été un moment fort agréable. Les concerts nous procurent beaucoup de plaisir.

Entretien: J. Benmoulahoume